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Bilan et Perspectives, par Patricia Saurina

21/06/2013

En cette période de trêve estivale, transition entre un exercice 2012-2013 particulièrement disputé, et une saison 2013-2014 que l’on espère au moins aussi intense, Patricia Saurina, Présidente de la Ligue Féminine de Handball, nous accorde un entretien “Grand Format“. Le 1er d’une série d’entretiens avec les acteurs de la LFH, qui seront publiés cet été sur le site.

04 - Conference de presse 2012 - Patricia SaurinaLa Présidente de la LFH Patricia Saurina, le 13 septembre dernier lors de la Conférence de presse de lancement la saison 2012-2013, dans les Salons de l'Hôtel de Ville de Paris. 

 

Patricia Saurina, quel regard général portez-vous sur la saison qui vient de s'écouler ?

Nous avons vécu une belle saison 2012-2013, tant sur le plan sportif que médiatique. Les équipes de LFH ont offert un beau spectacle en championnat, et ont fait briller les couleurs du handball français en Coupe d’Europe. Le championnat était serré tout au long de la saison régulière, les Play-Offs et Play-Downs ont offert de belles affiches, avec des matches à suspense.

En Coupe d’Europe, deux des six clubs engagés (Issy Paris et Metz) ont réalisé un parcours historique, atteignant respectivement la finale de la Coupe des Coupes et la finale de la Coupe EHF.

D’autre part, le championnat LFH a bénéficié d’une médiatisation sans précédent. Au total, 13 matches auront été retransmis en direct sur beIN SPORT. Les chaînes locales (Mirabelle tv, France 3 Région) ont également diffusé plusieurs rencontres. La saison prochaine, le championnat LFH sera diffusé sur Sport+.

 

Si vous deviez retenir 3 faits marquants, lesquels seraient-ils ?

La médiatisation du championnat. C’est la première saison où nous obtenons une telle exposition médiatique. La diffusion du championnat sur beIN SPORT a permis au handball féminin d’obtenir une visibilité sans précédent. Cette exposition fait partie des étapes nécessaires à la poursuite de la professionnalisation des clubs.

Le très beau parcours de deux de nos clubs en Coupe d’Europe. Finalistes de la Coupe des Coupes et de la Coupe EHF, Issy Paris et Metz ont fait briller le handball féminin français sur la scène européenne, montrant ainsi que les clubs français sont capables de jouer les premiers rôles en Coupe d’Europe.

La Coupe de la Ligue qui s’est déroulée du 20 au 23 février à Paris (Coubertin, et trois sites en Ile de France : Gagny (93), Saint-Maur (94) et Plaisir (78)) a été une belle réussite médiatique. Nous avons franchi un cap au niveau de la communication nationale. Le fait que l’événement se déroule à Paris a donné une nouvelle dimension à la compétition phare de la LFH.

 

IssyParis_51_Pillaud-1La finale de la Coupe de la Ligue 2013, remportée par Issy Paris (23-21 face à Nîmes) le 23 février à Paris-Coubertin, était diffusée en direct sur beIN SPORT. 

 

La saison 2012-2013 a été très disputée, ce qui n'était pas forcément le cas il y a quelques années. A quoi attribuez-vous cette évolution ?

Chaque club est capable de l’emporter à domicile ou à l’extérieur sur la plupart des matches. On l’a vu à quelques jours d’intervalle, lorsqu’Issy Paris gagne lors de la Coupe de la Ligue 23-22 face à Dijon (1/4 de finale), et que quelques jours plus tard en championnat, c’est le score exact inverse qui se produit.

Depuis que la formule des Play-Offs a été mise en place, le suspense reste intact jusqu’à la finale, ce qui permet de rassembler les supporters, et les téléspectateurs en nombre. Notre championnat, très ouvert, présente de nombreux atouts.

 

Confirmez-vous que le niveau du championnat augmente d'année en année ?

Des joueuses étrangères talentueuses (Mangué, Stanca) ont rejoint  le championnat de LFH, apprécié également pour la stabilité financière des clubs. Malgré un contexte économique difficile, les clubs font du très bon travail et je les en félicite. A l’image d’Alexandra Lacrabère qui rejoint l’Union Mios-Bègles à l’intersaison, on peut s’attendre à ce que plusieurs internationales françaises reviennent jouer en France au cours des prochaines saisons.

Les joueuses étrangères internationales qui intègrent le championnat, et les résultats des clubs français en Coupe d’Europe montrent que le championnat français est de plus en plus relevé. Mais nous avons également perdu 6 internationales françaises sur la saison 2012-2013. Il ne faut pas seulement réussir à intégrer des internationales étrangères, il faut également conserver nos internationales. C’est en réalisant cet équilibre que nous pourrons également hausser le niveau du championnat.

 

MangueGonzales_marta_01_LemaistreMarta Mangué et Ionela Stanca, joueuses internationales de renom, ont rejoint la LFH cet hiver.

 

Où se situe le championnat de France par rapport aux principaux championnats européens ?

Le niveau du championnat de France progresse. Chaque week-end, nous assistons à des matches accrochés, ce qui n'est pas le cas dans bien des championnats européens où seuls 1 ou 2 clubs sont leaders incontestés. A l’heure actuelle, on compte près de 60 internationales dans le championnat LFH.

En se qualifiant pour la finale de la Coupe des Coupes et la finale de la Coupe de l’EHF, Issy Paris et Metz ont témoigné des qualités et de la densité du championnat LFH actuel.

 

La formule des Play-Offs, critiquée par certains, louée par d'autres, est-elle partie pour durer ?

Suite à 3 saisons peu lisibles où le nombre de clubs en LFH variait chaque année, l’assemblée générale de la FFHB d’avril 2011 a adopté pour l’ensemble de l’Olympiade 2012-2016 une composition de la LFH à 10 clubs, et une formule de championnat avec Play-Offs et Play-Downs. Cette décision s’inscrivait en cohérence avec l’adoption simultanée du dispositif de club à statut VAP (“voie d’accession au professionnalisme“) en D2F, destiné à accompagner les clubs qui le souhaitent vers les exigences imposées par le cahier des charges de la LFH.

L’objectif partagé avec l’ensemble des acteurs de la Ligue reste de préparer les meilleures conditions possibles pour permettre un passage à 12 clubs en LFH à l’horizon 2016, avec le souci de disposer de clubs économiquement pérennes. Ce sujet sera donc prochainement débattu avec les clubs, pour décider ensemble des différentes formules de compétitions (championnat, coupes) après 2016 et des règles d’accession/relégation liées au passage à 12 équipes.

 

Certains ont critiqué le calendrier de fin de saison, qu'en pensez-vous ?

Le calendrier est réalisé par un groupe de travail, constitué d'entraîneurs, de présidents de club, de joueuses et de la COC FFHB (Commission d’Organisation des Compétitions). Ce groupe propose ensuite au CODIR le calendrier de la saison prochaine. Comme dans tous les championnats relevés, et dont les clubs jouent les premiers rôles en Coupe d’Europe, il n’est pas toujours facile de concilier les situations de tous les clubs.

Malheureusement, une fois placées les dates internationales décidées par l'EHF et l'IHF, il ne nous reste plus grand choix. Il n'est pas question de toucher à la formule ni au nombre de clubs. Une fois toutes ces contraintes posées, la réalisation du calendrier n’est pas aisée et mécontente toujours les uns ou les autres de manière conjoncturelle. Tout le monde connaît en début de saison les contraintes du calendrier, selon les qualifications respectives de nos clubs.

 

181258_540192489352995_1113268164_nLa Dragonne Yvette Broch en finale de Coupe d'Europe face aux Danoises d'Holstebro.

 

Deux clubs français en finale de Coupe d'Europe cette saison, auriez-vous pu prédire pareil "exploit" historique ?

Nous savons que les clubs français peuvent réaliser de bonnes performances dans les différentes Coupes d’Europe. Dans l’histoire du handball féminin français, 3 clubs français se sont illustrés à quatre reprises en remportant la Challenge Cup (Le Havre en 2012, Mios Biganos en 2011 et le HBC Nîmes à 2 reprises, 2001 et 2009).

Dijon (1993) et Besançon (2003) avaient disputé une finale européenne, autre qu’en C4, et cela prouve que ces résultats sont sans conteste une belle performance. Le professionnalisme et les clubs avancent, mais il ne faut pas perdre de vue que le chemin à parcourir est encore long.

 

Y aura-t-il un ou deux clubs en C1 la saison prochaine ? Si cela n'est pas encore acté, quand le saura-t-on ? Aussi, quels éléments sont pris en compte par l'EHF pour prendre sa décision ?

Metz est d’ores et déjà qualifié pour la Ligue des Champions (C1). La FFHB a fait une demande à l’EHF pour que Fleury Loiret puisse bénéficier d’une wild card en Ligue des Champions, demande qui a été acceptée. Fleury Loiret,  sera opposé, dans son tournoi de qualification, aux équipes de Rostov-Don (Russie), WHC Vardar SCBT (Macédoine) et Jomi Salerno (Italie) les 14 et 15 septembre prochain, en Italie. En cas de victoire, Fleury disputerait la Ligue des Champions. Dans le cas contraire, l'équipe disputera la coupe des coupes (C2).

Nous aurons donc au moins une équipe en C1 la saison prochaine, et peut-être une deuxième. Pour 2014/2015 et parce que le système de “ranking“ de l’EHF se calcule sur 3 saisons mais avec un décalage d’un an, nous espérons enfin disposer de 2 places directes pour la C1 vu les résultats obtenus par nos clubs en Coupes d’Europe lors des dernières éditions.

 

474784_552328718139372_932620731_oL'internationale française Alexandra Lacrabère évoluera à l'union Mios-Biganos-Bègles la saison prochaine.

 

Selon vous, le retour d'Alexandra Lacrabère en LFH va-t-il appeler d'autres retours d'internationales françaises ?

Le fait qu’Alexandra Lacrabère rejoigne l’union Mios-Biganos-Bègles est une bonne chose pour le championnat LFH, et très positif pour l’union. Ce n’est pas ce retour en particulier qui va appeler le retour d’autres internationales mais il est certain que plus le championnat est relevé, plus les joueuses de haut-niveau s’y intéressent. Cela ne peut qu’être positif, au niveau sportif et médiatique. 

 

Un mot sur l'union Mios-Biganos-Bègles ? Et sur le promu Nantes ?

La mise en place de cette union entre les associations sportives historiques de Bègles (qui a déjà connu la D1F il y a quelques années) et de Mios est la concrétisation d’une réflexion engagée depuis l’origine de la LFH et répond au souhait de rationaliser l’organisation du handball féminin professionnel en Gironde, département disposant en effet de 3 clubs de haut niveau (avec Mérignac également en D2F).

La mutualisation des moyens humains et économiques, notamment au travers de la création d’une société sportive (la 3ème en LFH après Dijon et Fleury en 2012 et avant Issy Paris cet été), témoigne de la convergence d’objectifs des acteurs des deux clubs, dans un contexte où la Ligue d’Aquitaine et le Comité de Gironde ont clairement identifié cette Union comme LE club de haut niveau féminin dans leur projet territorial.

Quant au promu nantais, il s’agit de la 1ère accession d’un club disposant du statut VAP, champion de France de D2F et déjà intégré en partie aux réflexions concernant la LFH via l’accompagnement mis en place spécifiquement pour ces clubs de D2F. L’arrivée de Nantes en D1 offre à la LFH un nouvel ancrage en Pays de la Loire. C’est un club jeune (créé en 1998) mais qui a compris tôt que la marche vers l’élite passait d’abord par une structuration interne et une programmation de ses différentes étapes. Je suis heureuse d’accueillir ce club qui évoluait encore en N1F en 2010/2011 !

 

7142_10151632129008903_553854087_nLes Femmes de Défis qualifiées pour le Mondial 2013. 

 

La qualification récente de l'équipe de France au Mondial 2013 est-elle un soulagement ? On imagine que les résultats des Bleues ont des répercussions directes sur la médiatisation de la LFH ?

C’est une satisfaction pour le handball français, il est important que nos deux équipes nationales participent à toutes les grandes compétitions. Nous sommes en début d’Olympiade, le Mondial 2013 est une étape dans la préparation qui mènera aux Jeux de Rio. Dans tout sport, l’équipe nationale est une vitrine et une locomotive. Les répercussions sont donc directes.

Sur les 18 filles retenues pour affronter la Croatie, 13 évoluent dans le championnat LFH, on retrouve donc les mêmes joueuses sur les matches de championnat et de l’équipe de France, il y a une continuité entre l’équipe de France et le championnat, ce qui est important pour le public, les médias et les partenaires.

 

13 matches de championnat ont été diffusés en direct à la tv (beIN SPORT) cette saison. Une avancée significative, qu'en sera-t-il la saison prochaine ?

Cette année a vu la diffusion de 13 matches des compétitions LFH (dont la finale de la Coupe de la Ligue et les finales aller et retour du championnat), et cette exposition était une première en France pour un sport collectif féminin. L’année prochaine, la LFH va poursuivre sa montée en puissance sur Sport +, qui diffusera 18 matches, avec notamment les ½ finales et la finale des Play-Offs. Cette médiatisation est indispensable à la montée en puissance de notre sport. 

 

D'autres nouveautés verront-elles le jour à la rentrée ?

Une refonte du site internet de la LFH est actuellement en cours. Il sera lancé à la reprise du championnat 2013-2014.

Un accent tout particulier sera mis sur les actions de cohésion sociale des clubs LFH. Nos clubs sont impliqués dans ces actions et il est important que ce travail de l’ombre soit mis en lumière.

 

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Qu'avez-vous pensé des 1ers Etats Généraux du Sport Féminin en Equipe ?

Ces premiers Etats Généraux du Sport Féminin en Equipe sont importants. Ils sont le symbole de la volonté de mettre en avant le sport féminin. La possibilité d’échanger sur des problématiques communes, et des solutions possibles pour faire avancer le sport féminin est bien évidemment positif.

En mettant en place cet événement, les Etats Généraux ont le mérite d’avoir ouvert le débat sur des sujets importants, que l’on évoque trop rarement. Les résultats du sport féminin en équipe, en club ou en sélection sont très bons, mais paradoxalement, inversement proportionnels aux moyens économiques et retombées médiatiques.

Ces deux journées ont permis d’analyser les raisons du manque de reconnaissance dont peut-être victime le sport féminin, et d’élaborer des pistes de solutions, afin de promouvoir le sport féminin en équipe et réduire les inégalités de traitement dont il est victime par rapport au sport masculin. Les questions d’égalité de traitement entre sportives et sportifs de haut niveau, ou encore la difficulté à rassembler des budgets pour les clubs féminins sont des problématiques qui ont été soulevées.

La médiatisation du sport féminin est un élément très important, qui est indispensable au développement, mais qui a toujours du mal à se mettre en place : à l’heure actuelle 85% des retransmissions TV sont consacrées au sport masculin, et pourtant, le sport féminin peut réaliser de superbes audiences lorsqu’il est mis en valeur, et à des créneaux horaires porteurs (à titre d’exemple, plus de 9 millions de téléspectateurs avaient suivi l’équipe de France féminine de handball lors du match Danemark-France, le 5 août 2012). Il faut donc donner de réels moyens au sport féminin, et ne pas se cantonner à lui donner un rôle de figuration.

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Je tiens, au nom de la LFH et de la FFHB à remercier les clubs pour leur travail au quotidien. Malgré un contexte économique difficile, ils progressent, et grâce à ce travail, le championnat français est actuellement un des plus attractifs en Europe. Cela laisse beaucoup d’espoir pour la suite, même si le chemin est encore long à parcourir.

 

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