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La parole à celles et ceux qui ont contribué à la promotion et la valorisation du handball féminin ces dernières années

24/01/2021

Alors que l’édition 2021 de « Sport Féminin Toujours » s’achève ce dimanche 24 janvier, la fédération française de handball a souhaité donner la parole à celles et ceux – entraîneur, entraîneuse, dirigeante, joueuses, représentante des médias, partenaire – qui ont contribué à la promotion et la valorisation du handball féminin ces dernières années.

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Alors que l’édition 2021 de « Sport Féminin Toujours » s’achève ce dimanche 24 janvier, la fédération française de handball a souhaité donner la parole à celles et ceux – entraîneur, entraîneuse, dirigeante, joueuses, représentante des médias, partenaire – qui ont contribué à la promotion et la valorisation du handball féminin ces dernières années.

 

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Florence Sauval, ancien internationale, entraîneuse du club de handball féminin Saint-Amand Handball en Ligue Butagaz Énergie

« Le sport féminin bénéficie d’une exposition sans commune mesure par rapport à ce que je vivais à l’époque lorsque j’étais moi-même joueuse. Mais l’équilibre est fragile. Nous avons un championnat qui fait partie des meilleurs en Europe, nos clubs sont performants en ligue des champions, la formation à la française prouve son excellence depuis plusieurs années, et malgré tout, le soutien n’est pas si évident et les réticences sont encore nombreuses. Les chaines publiques s’intéressent au handball féminin au travers de l’équipe de France. Le dernier Euro a été une belle réussite. Mais il manque encore cette constance, cette régularité qui pourraient vraiment changer la donne, notamment pour les clubs. Sans « Sport en France », la Ligue Butagaz Énergie n’aurait pas de diffuseur ! Cela doit tous nous interroger. Faut-il repenser à nouveau la formule du championnat ? Réfléchir à des créneaux plus adaptés pour plus de visibilité ? Nous sommes soumis à une forte concurrence face à des disciplines qui ont une longue tradition médiatique. Les clubs ont pourtant été novateurs pour mener à bien leur projet et tout simplement continuer à exister. Dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons, c’est loin d’être évident. Nous avons dû nous réorganiser, nous adapter en permanence. Le sport féminin a certainement été encore plus impactée par les restrictions liées à la pandémie. L’absence de liens, mais aussi et surtout le huis clos nous font très mal. Et je n’oublie pas les structures amateures qui sont encore plus fortement impactées et qui ont plus que jamais besoin de soutien. »

 

Mary Patrux, journaliste chez beIN SPORTS France

« Bien sûr, la part du sport féminin dans les médias pourrait être plus importante, mais à titre personnel, je fais en sorte d’assurer le même traitement médiatique, que ce soit quantitativement ou qualitativement, à toutes les disciplines que je suis amenée à couvrir, sans faire de différence entre les filles et les garçons. J’ai peut-être plus d’affinités avec les joueuses, de par mon parcours (Mary Patrux a évolué plusieurs années dans le championnat amateur de basket-ball avant de devenir journaliste, ndlr), mais dans mon travail, dans mes commentaires, je mets la même implication, la même exigence, le même professionnalisme. Et je dispose des mêmes moyens ! Je suis assez fière de tout ce que nous avons mis en place ces dernières années pour accompagner l’équipe de France féminine de handball. Les Bleues sont aujourd’hui revenues au plus haut niveau, elles ont des résultats, mais il ne faut pas oublier que nous étions déjà là dans les périodes plus difficiles. La perception autour de cette équipe a changé. La diffusion des rencontres du dernier Euro sur une chaine importante du paysage audiovisuel français (sur TMC puis la finale sur TF1 en complément du dispositif mis en place par beIN, ndlr) montre cette évolution. C’était impensable il y a encore quelques années. Qui plus est avec une telle audience ! L’équipe de France féminine joue désormais dans la même cour que son homologue masculine, tout en ayant sa propre identité. Cette reconnaissance, cette exposition dont bénéficient les Bleues aujourd’hui sont très importantes pour donner envie aux femmes et surtout aux jeunes filles de se lancer à leur tour dans la pratique. Et cela leur montre que c’est possible d’arriver au plus haut niveau, de gagner un titre mondial ou olympique, que l’on soit une fille ou un garçon. J’espère de tout cœur que la crise sanitaire actuelle et ses conséquences ne vont pas altérer cette belle dynamique. »

 

Olivier Krumbholz, entraîneur de l’équipe de France féminine de handball

« Certes, l’équipe de France féminine de handball peut s’enorgueillir d’avoir aujourd’hui une belle exposition, qui n’est plus non plus venue de nulle part, puisque c’est notre capacité à avoir des résultats mais aussi à soigner le spectacle qui a permis d’inverser la tendance et de « casser » ce déficit d’image que le handball féminin pouvait parfois avoir auprès d’une partie du public. Depuis quatre ans, l’engouement est réel. Le traitement médiatique est monté d’un cran, il y a des gens qui avouent prendre un réel plaisir à nous voir jouer, peut-être encore plus que les garçons, car ils trouvent que le jeu est moins haché, plus séduisant, avec plus de virtuosité. Cela nous met aussi un peu plus de pression, car au moindre faux pas, on nous demande des comptes (sourires). Mais d’un autre côté, c’est très flatteur et je suis d’ailleurs heureux et fier d’avoir contribué modestement à mon niveau à donner un nouvel élan à la pratique féminine et à casser les préjugés. Le développement de la parité dans notre sport nous a aussi beaucoup aidés, avec des moyens importants attribués au hand féminin, similaires à ceux des garçons. Mais je reste persuadé que le handball féminin ne bénéficie pas de la reconnaissance qu’il mérite pour tout ce qu’il a accompli ces dernières années. On se bat encore pour être reconnus à notre juste valeur, notamment auprès des partenaires. Et cet engouement ne se répercute pas encore assez au niveau du championnat. Les clubs doivent pouvoir s’appuyer sur la dynamique impulsée par les Bleues pour continuer à grandir, à se développer, à avoir des résultats sur la scène internationale et à former de grandes joueuses. La crise sanitaire actuelle ne sera pas sans conséquences mais j’ai confiance en notre capacité à repartir sur des bases solides et même à aller encore plus loin. »

 

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Nodjialem Myaro, vice-présidente de la FFhandball en charge du handball féminin, présidente de la Ligue féminine de handball, psychologue du sport, ancienne internationale

« Tant sur le plan de la pratique que de l’économie, le sport féminin est encore très fragile. Et la crise sanitaire actuelle n’a fait qu’accentuer ses difficultés. Il faudra faire les comptes en début de saison prochaine, mais l’avenir de certains clubs apparaît déjà incertain. L’absence de billetterie semble partie pour durer, les partenaires pourraient à terme ne pas reconduire leur partenariat si le manque de visibilité se poursuit, les mécènes, les collectivités territoriales vont peut-être devoir réduire leur soutien, la masse salariale pourrait baisser, des joueuses être contraintes de partir à l’étranger… Heureusement, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs exceptionnels d’aide, dont le chômage partiel qui a permis un maintien des salaires pendant les périodes de confinement. Et une opération comme « Sport Féminin Toujours » permet aussi de mettre en lumière la pratique féminine qui en a bien besoin, surtout au vu du contexte… même si je suis la première à dire qu’au vu de ses performances, le sport féminin ne devrait plus avoir besoin de cet éclairage ponctuel, mais bénéficier au contraire sur la durée d’une plus grande visibilité. Il y a tellement de belles choses dans le sport féminin. Le handball en est le plus bel exemple. Il suffit de voir les avancées qui ont été réalisées en matière de structuration des clubs, de professionnalisation des joueuses, de prise en compte de la maternité… Sans même parler des résultats sur le terrain ou de l’attitude des joueuses. C’est aussi un sport qui n’a pas hésité à nommer une femme à la tête d’une instance dirigeante (sourire). Il y a encore des jeunes filles qui ne s’autorisent pas à rêver. Il faut continuer à faire bouger les lignes, montrer le champ des possibles aux nouvelles générations. »

 

Frédérique Quentin, responsable sport de haut-niveau et sport féminin à la FDJ partenaire de la FFHandball et la LFHB

« La FDJ a toujours été un partenaire investi dans le sport, mais depuis l’arrivée à la présidence de Stéphane Pallez en 2015, l’une de nos priorités est de soutenir et de développer le sport féminin, notamment au travers du programme « Sport pour Elles ». Nous jouons même un rôle militant dans ce domaine et avec la FFHandball, dont nous sommes partenaires depuis 2009 et qui est une fédération exemplaire et motrice en matière de féminisation, nous avons le même engagement, la même ambition, que ce soit pour la valorisation de la pratique féminine ou la promotion de la mixité dans la société. L’opération « Hand pour Elles » est dans ce sens une vraie réussite depuis trois éditions, avec des projets de qualité, pérennes et durables, et qui ont du sens. Pour compenser l’impact de la crise sanitaire, nous avons souhaité cette année récompenser l’ensemble des clubs qui ont participé à l’appel à projet - 53 dossiers ont été déposés en 2020 avec par exemple des dotations en matériel permettant de répondre aux besoins exprimés par les différentes structures. Il était important et même de notre devoir de montrer notre soutien dans cette période délicate. D’ailleurs, plus globalement, notre cheval de bataille depuis le début de la pandémie est de pérenniser l’ensemble de nos partenariats et d’être à l’écoute de tous les acteurs du sport français qui on le sait souffrent de cette crise. » 

 

Cléopatre Darleux, gardienne de l’équipe de France et du Brest Bretagne Handball

« Nous avons plus que jamais besoin de l’exposition que peut nous offrir l’opération « Sport féminin Toujours ». Bien sûr, je préférerais comme tout le monde que le sport féminin soit reconnu à sa juste valeur toute l’année, mais toutes les formes de valorisation et de soutien sont les bienvenues. Et d’autant plus dans le contexte actuel. La situation des clubs féminins était déjà fragile, mais la crise a encore plus accentué les difficultés. Tout le monde est impacté et les joueuses ne sont pas épargnées. Il va nous falloir trouver de nouvelles ressources, dans tous les sens du terme, et ne pas lâcher. Ce n’est pas dans ma nature de baisser les bras. Je sais à quel point les sportives de haut niveau peuvent être une source d’inspiration pour les nouvelles générations. Moi-même, je peux dire que j’ai eu comme modèle de nombreuses championnes. D’ailleurs, si j’ai pris la décision de devenir mère en pleine carrière (elle est maman d’une petite Olympe, née en 2019, ndlr), c’est parce que j’ai vu des handballeuses, des joueuses de tennis faire ce même choix et s’épanouir sportivement et personnellement à leur retour. En France, il y a pourtant encore des progrès à faire en matière de soutien et d’accompagnement pour les « mamans sportives ». Les pays nordiques sont beaucoup plus en avance dans ce domaine, comme dans celui de la représentation, de l’égalité femmes-hommes dans le sport comme dans la société. Les mentalités doivent encore évoluer. »

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La FFHandball, une fédération motrice pour le développement et la promotion du sport féminin

Le développement de la pratique féminine et la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les instances dirigeantes fédérales et déconcentrées sont des axes majeurs et stratégiques de développement de la Fédération française de handball. Un plan de féminisation ambitieux a été mis en place depuis 2015, co-construit avec les référent·e·s féminisation qui œuvrent dans les ligues, comités et clubs. Les dispositifs déployés (Hand Pour Elles, Réussir au féminin…) et les pratiques pensées à destination des femmes mises en œuvre dans les territoires (HandFit, BabyHand…) ont pour objectif de consolider et développer la pratique féminine dans les clubs, sensibiliser, informer et accompagner les territoires et favoriser l’accès des femmes à la prise de responsabilités (dirigeantes, arbitres, entraîneuses). Des outils de communication adaptés ont également été réalisés pour sensibiliser la famille du Handball à la problématique de la féminisation et valoriser plus généralement le sport féminin. La FFHandball compte à ce jour 36% de licenciées. 4 entraîneuses évoluent au plus haut niveau dans la Ligue féminine de handball et on retrouve 1 entraîneuse nationale - Valérie Nicolas - pour le beach handball. Le bureau directeur fédéral est composé de 7 femmes et 7 hommes et le CA fédéral à 45% de femmes. 

 

 

L’opération Sport Féminin Toujours

Organisée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en partenariat avec le ministère chargé des Sports et avec le soutien du secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), l’opération Sport Féminin Toujours a eu lieu cette année du 17 au 24 janvier 2021. Ce temps fort de médiatisation du sport au féminin avait pour but d’inciter les médias audiovisuels (télévisions et stations de radio) sur l’ensemble du territoire de métropole et d’Outre-mer à intégrer plus de retransmissions sportives, mais aussi plus de sujets, émissions et interviews consacrés au sport au féminin et aux actrices du monde sportif en général. Tout au long de la semaine, les médias se sont mobilisés pour traiter du sport féminin en temps de COVID et l’impact de la crise sanitaire sur la pratique.

 

Clubs
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