Actualités

T + T -

LBE (ITW) – Déborah Kpodar : « Je ne m’y attendais vraiment pas… »

30/09/2021

Arrivée la saison dernière à Nantes après trois ans passés à Dijon, Déborah Kpodar s'est rapidement imposée comme une pièce maitresse du dispositif de Guillaume Saurina, qui a pu s'appuyer sur son arrière polyvalente dans une saison 2020-21 qui a marqué l'histoire de la formation ligérienne, avec un sacre européen à la clé. À 27 ans, la native d'Angoulême a récemment reçu sa première convocation avec l'équipe de France A, consécration qui est venue récompenser un parcours qui n'a pas toujours été facile pour la joueuse formée à Metz. Avec Déborah Kpodar, nous sommes revenus sur les différentes étapes de sa carrière, qui l'ont amené à évoluer dans l'un des meilleurs clubs de la Ligue Butagaz Énergie.

242195596_10228003189640569_7827685323964326036_n

(photo : Surf'Up)

 

Arrivée la saison dernière à Nantes après trois ans passés à Dijon, Déborah Kpodar s'est rapidement imposée comme une pièce maitresse du dispositif de Guillaume Saurina, qui a pu s'appuyer sur son arrière polyvalente dans une saison 2020-21 qui a marqué l'histoire de la formation ligérienne, avec un sacre européen à la clé. À 27 ans, la native d'Angoulême a récemment reçu sa première convocation avec l'équipe de France A, consécration qui est venue récompenser un parcours qui n'a pas toujours été facile pour la joueuse formée à Metz. Avec Déborah Kpodar, nous sommes revenus sur les différentes étapes de sa carrière, qui l'ont amené à évoluer dans l'un des meilleurs clubs de la Ligue Butagaz Énergie. 

 

Issue d'une famille sportive, avec une maman qui a joué au handball, Déborah Kpodar n'a pas été poussée dans le monde de la petite balle pégueuse dès ses débuts dans le sport. "J'ai pratiqué d'autres sports avant de me lancer dans le handball, comme le foot et l'athlétisme, et je faisais aussi du violon en parallèle. Et puis un jour j'ai pu tester à l'école, avec des intervenants qui sont venus nous faire découvrir le handball. J'avais des amies d'enfance qui en faisaient au club d'Angoulême, et je me suis lancée. Ma mère jouait dans ce club, mais elle ne m'y a jamais poussé, elle attendait peut être que j'y arrive toute seule.". À dix ans, elle se lance donc dans le handball, sport qui va vite s'imposer comme une évidence. À Angoulême, Déborah va réaliser ses premiers pas dans un cocon, et va suivre le cursus classique en passant par les sélections départementales puis régionales, et en intégrant le Pôle Espoir de sa région. Repérée par plusieurs Centre de Formation de clubs professionnels, alors qu'elle n'a pas encore terminé le lycée, une blessure au genou va venir freiner son envol en 2010, "J'ai été contactée par Sébastien Gardillou, qui était à l'époque entraîneur de Metz. Ils étaient intéressés, mais je venais de me faire opérer, et je devais rentrer en terminale et passer mon bac. J'ai pris la décision de rester à Angoulême, avec qui je jouais en D2F.". Un épisode qui n'a pas eu pour conséquence de mettre un terme aux rêves de haut niveau de l'intéressée, qui toujours pistée par le club lorrain, a rejoint le CF du Metz Handball en 2012. "Cela faisait deux ans que Metz me contactait, et avec mes proches, nous avons vraiment senti qu'ils souhaitaient me faire venir. Je savais que je n'allais pas du tout jouer en D1 au début, mais je voulais avant tout progresser dans le meilleur club français. La condition pour y aller était que j'obtienne mon bac. J'ai eu un peu la pression, mais au final je l'ai eu et j'ai pu rejoindre les Dragonnes.". 

 

Kpodar_deborah_01_Pillaud

(photo : S.Pillaud)

 

À 18 ans, baccalauréat en poche, Déborah Kpodar pose ses valises à Metz, club le plus titré du handball féminin français. Elle y passe deux années en tant que pensionnaire du centre de formation, avant de signer un contrat semi-professionnel. Une expérience formatrice et enrichissante, qui lui a permis de réaliser ses premiers pas au sein de l'élite. "Nous en avons parlé récemment avec Raïssa (Dapina) avec qui j'étais au centre de formation à Metz. On a passé de belles années en Lorraine, même si ma dernière saison n'a pas été évidente pour moi. Nous avions un groupe incroyable au centre avec Yacine Messaoudi, j'ai tissé des liens très forts avec plusieurs filles. J'ai vécu deux saisons très enrichissantes, j'ai connu l'équipe de France Jeune, et c'est une période dans laquelle j'ai énormément travaillé physiquement. J'ai retrouvé mon jeu, du plaisir, et nous avons été championnes de France de N1F.". Barrée par une concurrence féroce au sein du groupe professionnel messin, Déborah Kpodar va prendre la direction de la Stella St-Maur en 2015, avec la volonté de retrouver du temps de jeu en D2F. "Quand je suis partie de Metz, je savais que ça allait être difficile de trouver un club en première division, car je n'avais pas joué. J'ai eu plusieurs contacts en D2F, mais le discours porté à l'époque par Samir Messaoudi qui entrainait la Stella à l'époque, et Allison Pineau qui avait un rôle dans le club, m'ont convaincu d'y venir. Je voulais retrouver du temps de jeu, avoir l'occasion de m'exprimer, et ça a été le cas.". Sous les couleurs franciliennes, Déborah Kpodar brille dans l'anti-chambre de l'élite, en s'imposant comme l'une des meilleures artilleuses du championnat. Des performances qui ne laissent pas indifférent les clubs de LFH, dont Dijon, qui ne va pas rater l'opportunité de la recruter en 2016. 

 

Kpodar_deborah_14_Pillaud

(photo : S.Pillaud)

 

"La Stella a été un tremplin pour moi. Ce n'était pas facile de revenir en D2F, et je savais que ce ne serait pas simple de rebondir derrière dans une formation de D1. Mais j'ai beaucoup bossé pour y parvenir, et je suis arrivée à Dijon derrière.". En terre bourguignonne, Déborah Kpodar va poursuivre sur sa dynamique, en réalisant un exercice 2016-17 de grande qualité, avec pas moins de 87 buts au compteur (3,6 buts / match). "Nous avons vécu l'une des meilleures saisons du club en LFH. Nous avons terminé à la cinquième place, avec une qualification européenne en poche. Je sortais d'une belle saison en D2F, mais le plus dur était de confirmer en première division et de montrer que je pouvais performer à ce niveau.". Rapidement, la joueuse originaire du Sud-Ouest va se sentir comme chez elle à Dijon, dans un groupe très soudé. "Je peux compter sur une main les jours ou je n'ai pas rigolé pendant mes trois ans dans ce club. On travaillait très bien, dans une très bonne ambiance, même si ce n'était pas toujours facile car nous perdions souvent. Mais humainement j'ai énormément appris, et j'ai fais des rencontres incroyables.". Pendant sa dernière année de contrat, Déborah Kpodar est contactée par Allan Heine, entraîneur de Nantes à l'époque, "je m'étais toujours dit que si je partais de Dijon, c'était pour un club qui joue l'Europe. Je savais ce que je voulais, et même si je me sentais très bien à Dijon, dans un groupe de copines, je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité de rejoindre un club du haut de tableau. Le projet nantais m'a plu, et je n'ai pas hésité longtemps.". 

 

Comme lors de son arrivée à Dijon, Déborah Kpodar a vécu une première saison rêvée sous les couleurs nantaises. "Je suis arrivée avec Dyénaba Sylla avec qui je jouais à Dijon, et ça a forcément facilité notre intégration. Je ne connaissais pas grand monde à Nantes, mais nous avons rapidement tissé des liens avec les filles. Nous avons réalisé une saison incroyable, je ne trouve toujours pas les mots pour la qualifier...". Une saison historique, marquée par le sacre européen en European League, premier trophée majeur remporté par la formation qui porte aujourd'hui le nom des Neptunes de Nantes. "Il y a eu la Covid, les blessures... mais nous avons beaucoup travaillé pour y arriver. Il y avait beaucoup d'incertitudes, mais de mon côté, j'avais à coeur de prouver que j'avais ma place dans cette équipe, qui est composée de beaucoup d'internationales. Les planètes se sont alignées...". Précieuse dans le système offensif nantais aux côtés de Bruna de Paula, Déborah Kpodar a répondu aux attentes placées en elle, en enchainant les grosses performances dans les matchs importants. Une première saison bien négociée, qui a fait grossir de belles ambitions dans la tête de la joueuse de 27 ans, "On ne vas pas gagner tous les ans, mais ça donne envie d'en gagner d'autres c'est certain. Nous voulons retrouver ce Final 4, faire mieux en championnat, en essayant de ne pas rééditer nos erreurs, dans une LBE qui s'annonce très disputée, avec beaucoup d'adversité.". 

 

Icon_Deborah Kpodar-Mathieu Lanfranchi @Bertrand Delhom

(photo : Bertrand Delhomme)

 

Avec deux victoires pour une défaite, Nantes réalise un bon début de saison 2021-22, et s'impose comme un sérieux outsider dans la course au titre de champion de France. Un début d'exercice qui a eu une saveur particulière pour Déborah Kpodar, qui a reçu sa première convocation avec l'équipe de France A pour le stage du mois d'octobre. "J'ai été très émue, très heureuse de recevoir cette convocation". Une convocation qu'elle a apprise de la bouche de ses entraîneurs, qui n'ont pas manqué d'humour pour lui apprendre la nouvelle. "Guillaume Saurina m'a convoqué. J'étais un peu inquiète car je restais sur une performance moyenne à Plan de Cuques. Je m'attendais à ce qu'il me parle de mon début de saison... Je suis arrivée au rendez-vous avec une veste de l'équipe de France qui est à mon copain, et je suis rentrée avec dans le bureau. Ils m'ont dit : "quelle coïncidence, elle est à toi la veste ?". Je n'ai pas trop compris sur le coup, et j'ai répondu que non. Ils m'ont demandé si je n'en voulais pas une à moi, et j'étais vraiment perdu (rires). Ils ont fini par me dire que j'étais convoquée pour le prochain rassemblement du mois d'octobre. J'ai eu du mal à y croire, et il y a eu beaucoup d'émotions, j'avais les larmes aux yeux, je ne m'y attendais vraiment pas. Je ne savais pas trop comment réagir, et j'ai envoyé un sms très court à mon frère et à ma mère avant l'entrainement. Et puis pendant l'entrainement, la musique était connectée via mon téléphone, et il n'arrêtait pas de couper. J'ai compris que la liste venait de sortir.". Une belle récompense pour l'arrière nantaise qui souhaite vivre à fond cette nouvelle expérience, "je vais y aller pour prendre tout ce qu'il y a à prendre. Je veux jouer et montrer ce dont je suis capable.". avant d'ajouter, "j'ai eu des moments difficiles dans ma carrière, avec des blessures (genou, épaule), mais je pense que je peux être fière de mon parcours. J'ai toujours regardé devant moi, et je remercie mes proches qui m'ont toujours épaulé et accompagné.". 

 

Opposé à Bourg de Péage samedi soir dans le cadre de la quatrième journée de la Ligue Butagaz Énergie (à suivre sur Sport en France), Nantes se prépare à un gros combat, face à un adversaire encore invaincu en championnat. Après la courte défaite concédée à Paris lors de la J3, les partenaires de Déborah Kpodar vont chercher à rebondir devant leur public, "Nous avons fait des erreurs qui nous ont coûté très chers contre Paris. Bourg de Péage est sur une très bonne dynamique, elles nous ont battu à deux reprises la saison dernière, et nous nous préparons à un gros combat. Elles ont battu Brest en début de saison, et ça annonce une partie difficile. Mais c'est important pour nous de nous imposer à domicile, et de renouer rapidement avec la victoire.". 

Le programme de la J4 : 

LBE-J4

Clubs
Entente Sportive Bisontine FéminineBourg de Péage Drôme HandballBrest Bretagne HandballHandball Club Celles-sur-BelleChambray Touraine HandballJDA Dijon HandFleury Loiret HandballMetz HandballMérignac HandballLes Neptunes de NantesOGC Nice Côte d’Azur HandballParis 92Handball Plan de CuquesToulon Métropole Var Handball